John Fust : Confronter nos jeune à un niveau élevé a été un succès

JOHN FUST: « CONFRONTER NOS JEUNES À UN NIVEAU ÉLEVÉ A ÉTÉ UN SUCCÈS »

 

Le directeur du Mouvement juniors revient sur la formidable saison des Juniors Elites, et sur la philosophie de formation que le LHC met en place

 

John, que vous inspire le parcours des Juniors Elites du Lausanne 4 Clubs, qui ont terminé la saison en vice-champions suisses ?

C’est un succès historique. Bien sûr, nous avons été battus en finale, mais il faut remettre cela en perspective : nous nous sommes qualifiés in extremis pour les play-offs, en gagnant nos six derniers matchs de la saison régulière. Ensuite, nous avons éliminé successivement les deux meilleures équipes du championnat, les Young Tigers de Langnau et Bern Future. C’est une belle preuve de notre progression.

 

A quoi l’attribuer ?

C’est un mélange de facteurs. Il y a évidemment la qualité de l’encadrement, j’y reviendrai. Mais fondamentalement, nous avons amené un nouveau système de développement, pour donner davantage de matchs à nos joueurs. Jouer à un niveau plus élevé est un élément accélérateur pour ces jeunes. Nous avons intégré quatre Novices Elites dans les Juniors Elites, et ils ont apporté leur contribution. Nous avons placé certains Novices en Elite B à Morges, des Juniors Elites ont été alignés régulièrement en MySports League avec Star Forward. Nous avons reçu quelques critiques pour cette raison, et je peux le comprendre parce que toute nouveauté suscite des remarques. Mais il ne fait pas de doute que tant d’un point de vue individuel que collectif, ce principe a eu un effet positif.

Du reste, nous avons atteint notre pic de performance en arrivant aux play-offs grâce à l’expérience emmagasinée contre des adultes. Nous étions plus forts physiquement et nos jeunes prenaient des décisions plus rapides sur la glace. Des observateurs extérieurs nous l’ont dit. Et je sais que des clubs réfléchissent à adopter le même système.

 

Vous êtes donc persuadé que la multiplication des matchs est un élément formateur.

Absolument. C’est notre philosophie. De manière générale, nous ne jouons pas assez de matchs compétitifs en Suisse, et on est trop souvent confiné à notre zone de confort. Confronter nos jeunes à un niveau élevé s’est avéré un succès. Nous voulons continuer sur cette voie.

 

Vous avez engagé Mario Antonelli, qui est Talent Development Coach. Quel rôle cette approche joue-t-elle ?

Elle est très importante, pour tout ce qui encadre les jeunes joueurs. Nous avons un développement à 360 degrés. Les entraînements, les matchs, c’est une chose, mais il y a tout le reste. Le physique, le psychique, la confiance, le suivi… c’est particulièrement crucial à cet âge charnière qu’est la fin de l’adolescence et l’entrée dans le monde des adultes.

 

Comment se passe ce suivi avec le monde de la formation scolaire ?

Nous bénéficions d’un partenariat unique, avec le Centre Sports Etudes de Lausanne (CSEL), que dirige Jean-Marc Gerber. C’est un encadrement scolaire et pour l’apprentissage, qui se soucie du développement des jeunes dans tous les aspects. Nous voulons que nos juniors réussissent dans la vie, et pas juste dans leur sport. Un jeune qui vient à Lausanne aura tout en main pour réussir sa formation et obtenir un diplôme. Pour nous, c’est aussi important que la compétition sportive.

 

Quel est votre objectif pour ces jeunes talents ?

Notre but est de former au mieux des jeunes qui rêvent de devenir des hockeyeurs professionnels – mais aussi de permettre à tous ceux qui aiment ce sport, quel que soit leur niveau, de s’épanouir. Lorsque nous voyons certains choisir de tenter l’aventure outre-Atlantique, d’aller au bout de leur rêve, cela nous réjouit. Tout comme lorsque des clubs de National League viennent chercher des jeunes que nous avons formés. C’est aussi une reconnaissance de notre travail. Nous ne développons pas uniquement les jeunes pour notre propre club, ce serait une approche fermée. Nous faisons un travail à long terme, et plus il y aura des jeunes talents qui émergent de notre Mouvement juniors, plus nous aurons des joueurs à notre disposition.

 

Vous recrutez aussi des jeunes. En leur proposant des salaires ?

Surtout pas ! Contrairement à certains de nos concurrents, nous ne voulons pas entrer dans ce type d’inflation. C’est autant une question philosophique que du bon sens budgétaire. Nos moyens, nous voulons les mettre dans la qualité de notre formation.

 

On entend pourtant que vous baissez le budget…

C’est totalement faux. Nous avons le même budget à disposition pour le Mouvement juniors, et nous allons ajouter de nouveaux postes d’entraîneurs pour améliorer encore l’encadrement et le développement de nos jeunes. Nous procédons à certains ajustements à l’intérieur de cette enveloppe globale, ce qui nous permet de renforcer la structure à tous les niveaux de la pyramide.

 

De manière générale, quel regard portez-vous sur cette première saison à la tête du Mouvement juniors ?

Nous suivons notre plan de marche pour que la communauté du Lausanne HC grandisse. Personne n’est oublié, à chaque étage nous suivons la même approche. Cela passe aussi, par exemple, par les réseaux sociaux. Grâce à notre stagiaire, Maxime Girod, nous avons beaucoup développé notre compte Instagram pour les Juniors Elites, et cela a suscité un réel engouement et fédéré tout le Mouvement juniors. Et nous nous réjouissons de la saison prochaine, avec l’entrée dans la Vaudoise aréna, davantage de surface de glace, un coaching renforcé… notre marche en avant se poursuit. Elle vise le long terme, nous avançons à notre rythme, et nous sommes confiants. Tout cela est très motivant !

 

Propos recueillis par Thierry Meyer